lundi 4 juin 2012

Jérôme Kerviel bousculé au début de son procès en appel à Paris

par Thierry Lévêque et Matthieu Protard
PARIS (Reuters) - L'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel a été bousculé lundi par un feu roulant de questions à l'ouverture de son procès en appel pour une perte historique de 4,9 milliards d'euros subie par la banque en 2008.
Condamné à cinq ans de prison dont trois fermes en première instance en 2010 et contraint par ce premier jugement de rembourser tout le préjudice, Jérôme Kerviel a dû d'entrée s'expliquer sur la présumée violation de ses obligations professionnelles.
Prié de dire à quoi il était employé, il a dit: "mon mandat était de gagner de l'argent pour la banque", mais la présidente a lu la charte de déontologie qu'il avait signée en 2006 quand il était devenu trader titulaire à 28 ans, et qui interdisait de "faire bouger significativement le marché", ainsi que de prendre des risques sans l'autorisation de son supérieur.
"Pour être franc, je l'ai signée mais je ne l'ai pas lue", a-t-il dit. La présidente a cependant lu les documents qui lui attribuaient une fonction "d'arbitrage", donc un métier où les positions sont normalement systématiquement couvertes pour limiter le risque.
"Tout le monde s'asseyait sur ce document?", a interrogé la présidente, à propos de la charte de déontologie.
Enfin, la magistrate a rappelé que le "desk" où il travaillait avait l'obligation de limiter son engagement collectif quotidien à 125 millions d'euros, ce qui était rappelé quotidiennement par un mail, a souligné la présidente. D'ailleurs, il avait à titre personnel reçu aussi des mails l'alertant sur des petits dépassements, a rappelé la présidente de la cour.
"On dépassait mais tout le monde s'en fichait", a assuré le prévenu.

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