par Thierry Lévêque et Matthieu Protard
PARIS (Reuters) - L'ancien
trader de la Société générale Jérôme Kerviel a été bousculé lundi par un
feu roulant de questions à l'ouverture de son procès en appel pour une
perte historique de 4,9 milliards d'euros subie par la banque en 2008.
Condamné à cinq ans de prison dont trois fermes en première
instance en 2010 et contraint par ce premier jugement de rembourser tout
le préjudice, Jérôme Kerviel a dû d'entrée s'expliquer sur la présumée
violation de ses obligations professionnelles.
Prié de dire à quoi il était employé, il a dit: "mon mandat était
de gagner de l'argent pour la banque", mais la présidente a lu la
charte de déontologie qu'il avait signée en 2006 quand il était devenu
trader titulaire à 28 ans, et qui interdisait de "faire bouger
significativement le marché", ainsi que de prendre des risques sans
l'autorisation de son supérieur.
"Pour être franc, je l'ai signée mais je ne l'ai pas lue", a-t-il
dit. La présidente a cependant lu les documents qui lui attribuaient
une fonction "d'arbitrage", donc un métier où les positions sont
normalement systématiquement couvertes pour limiter le risque.
"Tout le monde s'asseyait sur ce document?", a interrogé la présidente, à propos de la charte de déontologie.
Enfin, la magistrate a rappelé que le "desk" où il travaillait
avait l'obligation de limiter son engagement collectif quotidien à 125
millions d'euros, ce qui était rappelé quotidiennement par un mail, a
souligné la présidente. D'ailleurs, il avait à titre personnel reçu
aussi des mails l'alertant sur des petits dépassements, a rappelé la
présidente de la cour.
"On dépassait mais tout le monde s'en fichait", a assuré le prévenu.
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