lundi 4 juin 2012

Kerviel mis sous pression dès l'ouverture de son procès en appel

L'ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel a été bousculé lundi par un feu de questions dès l'ouverture de son procès en appel pour une perte historique de 4,9 milliards d'euros subie par la banque en 2008. En première instance, il avait été condamné à 3 ans de prison ferme.

Jérôme Kerviel le 4 juin 2012 à l'ouverture de sonprocès en appel contre la Société GénéraleJérôme Kerviel le 4 juin 2012 à l'ouverture de sonprocès en appel contre la Société Générale © AFP/M.Bureau
Point de questions de procédure à l'ouverture de ce procès. La première matinée d'audience du procès en appel de Jérôme Kerviel pour une perte de 4,9 milliards d'euros subie par la banque en 2008 est aussitôt entrée dans le vif du sujet lundi matin. Et même à rythme soutenu, avec une foultitude de questions pour l'ex trader de la Société Général, aujourd'hui âgé de 35 ans, condamné en première instance à 5 ans de prison dont 3 ferme et 4,9 milliards de dommages et intérêts, une 1/2 heure après l'arrivée du prévenu avec son nouvel avocat Me David Koubbi :

Prié de dire à quoi il était employé, il a dit : "mon mandat était de gagner de l'argent pour la banque", mais la présidente a lu la charte de déontologie qu'il avait signée en 2006 quand il était devenu trader titulaire à 28 ans, et qui interdisait de "faire bouger significativement le marché", ainsi que de prendre des risques sans l'autorisation de son supérieur. "Pour être franc, je l'ai signée mais je ne l'ai pas lue", a-t-il dit. La présidente a cependant lu les documents qui lui attribuaient une fonction "d'arbitrage", donc un métier où les positions sont normalement systématiquement couvertes pour limiter le risque. "Tout le monde s'asseyait sur ce document ?", a interrogé la présidente, à propos de la charte de déontologie.

Une "erreur extravagante"
Jérôme Kerviel a pris, en le cachant par de fausses positions, des positions de 30 milliards en 2007 puis de 50 milliards en 2008. "C'était une erreur de ma part, une erreur extravagante", a déclaré l'ancien trader, à propos de ces 30 milliards de positions, tout en soulignant qu'il ne savait pas si "d'autres l'ont fait", tant les limites, selon lui, "c'était informel".

Car il a été question de la limite du risque que les huit traders du service dans lequel travaillait Jérôme Kerviel étaient autorisés à prendre au-delà d'une journée, posée collectivement à 125 millions d'euros. La limite était fréquemment dépassée, mais jamais au-delà de 200 millions, a constaté la présidente au vu dossier. "Jamais dans des proportions extraordinaires", a-t-elle appuyé, alors que Jérôme Kerviel a parfois pris des positions de plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Jérôme Kerviel a auparavant répété qu'il n'était "pas responsable" de la perte de 4,9 milliards, se déclarant "sans profession depuis un an" et "actuellement" sans revenus (lire notre article > Jérôme Kerviel : "je ne suis pas responsable") et a réaffirmé que sa hiérarchie était au courant des opérations qu'elle lui reproche. C'est pour cela, a-t-il dit à la présidente de la cour, qu'il a fait appel de sa condamnation.
Par D.H. le 04 juin 2012 à 12:37

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